Séverine Garnier

De Séverine Garnier à Yacaluna

Séverine Garnier est costumière, diplômée en 1999 de l’ENSATT (Ecole
Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théatre), la couture n’a plus
beaucoup de secrets pour elle bien qu’elle apprenne toujours un peu à chaque
expérience.

Le système de l’intermittence lui laisse du temps libre qu’elle comble par une activité
créative, elle coud, crochète, brode un peu mais tout ça ne suffit pas, ces techniques
ne lui conviennent pas complètement...

En 2004, elle rencontre Maïté Tanguy, créatrice textile, au cours d’un contrat
pour Balenciaga où elle doit assembler des parties tissées « en forme » par Maïté
pour réaliser des vestes et des manteaux, travail très intéressant qui lui permet de
voir pour la première fois à quoi ressemble un métier à tisser et lui donne une idée.
Le tissage, et pourquoi pas ?

Yacaluna est, sans le savoir, en gestation...
Après une formation professionnelle en Bretagne, Séverine découvre les
infinies possibilités de cette technique et n’a qu’une envie : pratiquer le plus vite
possible.

Yacaluna est presque née et a une furieuse envie d’exister.
La chance est au rendez-vous : la rencontre avec « l’artiste en fil » Elisabeth
Toupet dans le 18ème arrdt de Paris lui permet de disposer d’un atelier et de tramer
un échange convivial et riche.

Au bout de 2 ans d’expérimentation, au pas de course entre deux contrats de
réalisations de costumes, un petit stock de pièces uniques est là, prêt à être montré
au grand jour. Une première occasion d’exposer se présente fin 2007 à Paris, c’est le
baptême du feu qui se couronne d’un premier succès : des encouragements, des
contacts et des ventes. Un bon début...

Tout en cohabitant avec la costumière et après une interruption de quelques
années pour d’autres projets (personnels, ceux-là), Yacaluna reprend en Nouvelle
Aquitaine, très chaleureusement accueillie par Claire-Lise Calladine au cours de Portes

Ouvertes pour montrer ses créations au public et reprendre un nouveau départ.
Yacaluna travaille avec un métier à tisser artisanal, réalise des pièces uniques
et recherche la finesse du fil, des points, des détails subtils :

« Les textiles parlent, ils racontent le toucher, la douceur ou la rugosité, ils racontent
la matière, ses origines, ses traitements, sa finesse, ils racontent l’apparence, la
sensation visuelle, l’ambiance colorée, la brillance ou la matité. On les respire (parfum
de la soie, de la laine pure, odeur de métal), on les touche et on les regarde
évidemment, on les écoute aussi dans le froissement ou la caresse sur les doigts.
Mais enfin ils évoquent aussi des sensations, nostalgie peut-être ou rêverie,
questionnements, réflexions, émotions profondes.
Je veux redonner un sens au textile, si éteint par sa dévalorisation industrielle.
Créer un textile c’est écouter chaque fil, sa provenance, sa qualité, son âme et le
mêler à d’autres brins de vie pour conter une petite ou une grande histoire, des
histoires d’homme et de ses civilisations, l’histoire de la terre et de ses richesses,
des histoires pour âmes sensibles, des brins de rêve, des bouts de lune. »